woensdag 11 juni 2008

A mon ami Eric

Naar aanleiding van mijn Dagboek “Vrolijk België” schreef Charles Bricman mij een Open Brief.
Charles was in de jaren tachtig en negentig Wetstraatjournalist bij La Libre Belgique en Le Soir. Hij verliet de journalistiek een tiental jaar terug voor de academische wereld en is thans actief in bedrijfscommunicatie. We hadden sindsdien geen contact meer maar onze wederzijdse sympathie bleef intact.
Ik herken in zijn Open Brief zijn briljante pen en zijn scherpe analyse van de communautaire verhoudingen in dit land.
Charles en ik hebben ook de tijd beleefd toen een jong Vlaams politicus met een jonge franstalige journalist “en toute amitié” en met veel humor “une sole grillée” ging eten op de Grote Markt en bij een glas witte wijn kon filosoferen over het België van morgen. Times have changed.
Charles Bricman heeft ook een bijzonder lezenswaardige Blog: http://blog.pickme.be.

Mon cher Eric,

Je t’écris ici dans ma langue, le français, parce qu’à travers toi, c’est aussi et même surtout à mes concitoyens francophones qui me font l’honneur de me suivre que je m’adresse, dans cette lettre que j’ai voulu ouverte. Cela ne te gênera pas ni ne te vexera car tu es très bon bilingue, meilleur que je ne le suis, même si j’ai fait des progrès notables en néerlandais depuis ce temps déjà lointain où nous nous rencontrions régulièrement, toi dans ton rôle de président des CVP-Jongeren, moi comme journaliste, de La Libre Belgique à l’époque. Tiens, te souviens-tu de cette sole grillée, sur la Grand-Place ensoleillée, alors que nous étions tous les deux au régime?


Je t’écris parce que je viens de lire ce beau billet franchement désabusé que tu viens de placer sur ton blog, Be Free. J’invite mes lecteurs francophones à ne pas se contenter du trop bref résumé - cependant correct, je trouve - qu’en donne Le Soir dans son édition online et à le lire dans son intégralité (s’il y a une demande, je le traduirai volontiers en français pour le reproduire ici si tu m’y autorises et acceptes de valider ma traduction).

Tes opinions sont bien connues. Tu as souvent l’occasion de les répéter en français, dans les journaux francophones ou sur les ondes de la RTBF ou de RTL-TVi car tu es un peu resté le chouchou flamand de nos medias: on s’ennuie rarement à t’écouter, tu parles haut et clair et, polémique comme tu peux l’être, tu es en quelque sorte le sparring partner idéal de tout debater francophone qui veut “se poser en s’opposant”.

A te lire aujourd’hui, j’en viens à penser que ça t’amuse beaucoup moins qu’avant.


C’était hier la fête des pères et Viviane et Heidi (tu as donc deux filles, maintenant? Moi, j’ai deux garçons, de 24 et 22 ans déjà, Kevin et Steven) t’ont offert un livre sur l’Expo 58 qui justifie le titre de ton billet: Vrolijk België? (Belgique Joyeuse?).

Non, c’était une illusion, dis-tu:

Vijftig jaar na Vrolijk België, is het Triestig België geworden (cinquante plus tard, la Belgique Joyeuse est devenue Triste Belgique).

Le Chagrin des Belges, en somme (je crois que tu ne vas pas trop aimer cette référence!). “Nous roulons dans un cuistax sans chaîne“, poursuis tu avec un humour désenchanté avant de constater:

Er ligt een Staat te sterven (un Etat est occupé à mourir).

Je ne suis pas de ceux qui te répondront avec aigreur et un brin d’agressivité, les poings sur les hanches: “Et la faute à qui, s’il vous plaît?” Parce qu’en toute objectivité, la bonne réponse à cette question n’est pas celle à laquelle ils s’attendent. C’est notre faute à tous.

J’accepte en grande partie les reproches que tu lances à ma communauté linguistique et à ses représentants. Sur un point essentiel en tout cas: il subsiste dans trop d’esprits de chez nous, francophones, un sentiment de supériorité qui peut aller jusqu’à la condescendance, voire parfois jusqu’au mépris pour la Flandre, pour les Flamands et pour la langue néerlandaise, “le flamand”: “een diepe minachting“, dis-tu.

Tu as raison là-dessus. Et le plus troublant peut-être, ce qui complique encore considérablement les choses, c’est que c’est souvent inconscient. Car nous n’avons, en règle générale, et à l’exception des décérébrés comme vous en avez chez vous aussi, aucunement le sentiment de vous mépriser. Bien au contraire: nous croyons vous respecter car nous avons peur de vous, de ce que vous allez encore inventer, la semaine prochaine, dans un mois, dans un an pour nous minoriser, pour nous humilier, pour nous coller des baffes…

Nous ne voyons pas, nous ne comprenons pas que c’est justement là ce qui vous blesse. J’ai bien compris ça aux réactions suscitées chez vous par la maintenant célèbre émission de la RTBF, Bye, bye Belgium. Là, vous avez découvert avec stupéfaction la représentation que l’on pouvait se faire de la Flandre et des Flamands au sud de la frontière linguistique. Et ça continue et ça s’amplifie, avec le Conseil de l’Europe, la Commission, le New York Times, Libération…


C’est de l’ignorance. Crasse. Ce sont des images. Un cliché. Selon ce procédé, tous les Français portent un béret basque et une baguette sous le bras; les Hollandais sont aussi radins que les Ecossais; les Italiens parlent avec les mains et mangent des spaghetti; les Argentins sont des danseurs de tango; et les Flamands, bien sûr, sont les cousins germains des Serbes ethnocidaires.

Mais là, je te retourne le compliment, cher Eric. Quelle est l’image que vous vous faites, aujourd’hui en Flandre, de la Wallonie et des Wallons? Tous chômeurs et profiteurs? Et des Bruxellois francophones? Rien que des Vlaminghaters (”flamandophobes”, si je m’autorise cet audacieux néologisme)? Ce n’est pas ton cas, je le sais. Mais la vérité, le drame de la Belgique, au fond, c’est de n’être composée que de “minorités”, ou plutôt de communautés qui se ressentent les unes et les autres comme telles.

Nous avons tous peur les uns des autres, Eric. Nous sommes incapables de nous faire confiance mutuellement, parce qu’on s’est bêtement agressé les uns les autres, parce qu’on n’a pas fait assez d’efforts pour se comprendre et puis parce qu’en tant que communautés, nous n’avons déjà pas confiance en nous. Et si nous en restons là, tu as raison, cet Etat va mourir.

C’est peu de le dire. Et c’est pourtant déjà risqué. Mais que faire?

Là, c’est le citoyen qui te parle, Eric, à toi, mandataire politique, backbencher démocrate-chrétien. N’y a-t-il vraiment plus chez vous, dans la classe politique tout entière, je ne vise pas seulement ton parti, des hommes et des femmes capables de prendre un peu de hauteur et quelques risques? Oh, pas pour leur vie, nous ne sommes pas en juin 40 et d’ailleurs, je ne crois aux hommes providentiels que comme des exceptions, des curiosités historiques.

Non, je pense à des démarches, à des engagements. A des tentatives. Tu sièges dans un parlement. Le mot le dit: c’est un endroit où en principe on débat, on parlemente. Mais c’est fini, ça. On ne discute plus au parlement. On y fait des discours que personne n’écoute, sauf les rédacteurs du compte-rendu analytique si ça existe encore. Comment désigne-t-on ça aujourd’hui, ironiquement, un parlement en néerlandais? Een praatbarak?

Allez, je ne vais pas verser dans le poujadisme. Mais franchement… Je peux comprendre l’analyse de ta présidente devant ses troupes, le week-end dernier. Sans réforme de l’Etat, on va avoir un problème. Merci, on sait. Et ça sert à quoi de le dire en faisant de gros yeux si, en même temps, on ne noue pas des contacts avec ceux qui comptent, en face, pour résoudre le problème?

Souviens-toi du pacte d’Egmont, tu y étais presque. Tout a commencé, c’est Hugo De Ridder qui a raconté ça, par un petit billet (een kattebelletje) envoyé par Hugo Schiltz à Willy Claes. Il y a beaucoup de petits billets de la sorte qui ont circulé, dans les travées de la Chambre, depuis que l’on sait qu’il va falloir encore réformer l’Etat?

Je veux bien parier un dîner avec toi sur la réponse. C’est: non. Et j’espère me tromper, te le devoir, ce dîner…


Alors vois-tu, c’est bien de faire des analyses sur son blog pour expliquer sa position. C’est d’ailleurs ce que je fais, moi aussi, parce que j’ai envie de vous comprendre, de comprendre ce qui se passe. Mais je ne suis, moi, qu’un modeste citoyen. D’un homme (ou d’une femme) politique, j’attends d’abord qu’il cherche à comprendre, lui aussi, les volontés de l’autre. Et puis qu’il agisse. Qu’il fasse des propositions pour concilier les points de vue dans un compromis acceptable par toutes les composantes d’une majorité politique.

Sans cela ce sera le chaos. Nous, les citoyens, nous n’en avons pas envie parce que tout ce nous demandons, ce sont des institutions qui fonctionnent.

Je suis content d’avoir pu te reparler, après tout ce temps. Veux-tu bien remettre mes amitiés à Herman?

Bien cordialement,

Charles Bricman

zondag 8 juni 2008

Vrolijk België?

Het is vandaag Vaderdag. Naast de traditionele das en pull kreeg ik van Viviane en Heidi het boek Expo 58 tussen droom en werkelijkheid. Het boek (prachtig geïllustreerd) ademt een sfeer uit van optimisme en geloof in de toekomst van dit land in 1958, het Belgisch wonderjaar . “La Belgique Joyeuse”. “Vrolijk België”.
Dit weekend publiceert Le Soir een reeks onder de titel: “Pas d’avenir? 100 projets”. “Les jeunes Belges remettent l’imagination au pouvoir. L’avenir de la Belgique ne passe pas forcément par BHV ni par des réformes politico-politiques. Sortons de cette grisaille institutionelle, ouvrons les fenêtres et laissons entrer la lumière et les idées . »
Deze reeks werd deze week verschillende malen gelanceerd in Le Soir met een pagina-grote foto van Leterme en mijzelf bij de start van de Gordel 2006 toen Leterme uitbundig wees naar mijn truitje “BHV splitsen NU”. “Et maintenant, monsieur Leterme, quel projet vous tient le plus à coeur pour l’avenir du pays? ” Bedoeling is de tegenstelling te tonen tussen Leterme en de Vlaamse politici die bezig zijn met minabele problemen als BHV terwijl zij (de “grote” Franstalige journalisten) bezig zijn met de echte problemen en een visie hebben op een nieuwe toekomst voor dit land . Dat is hun (verborgen) politieke boodschap.
De lectuur van deze “boeiende en vernieuwende” projecten geeft inderdaad inspiratie voor de toekomst van dit land … Zo project nummer 5 van Stef Camil Carlens, 37 jaar, zanger en één van de stichters van Deus, die droomt van nieuwe Vlaamse en Waalse vlaggen. Changeons nos drapeaux: “Un coq de combat et un lion agressif? Débarrassons-nous de ces symboles déplacés. Pourquoi pas un lapin pour la Flandre et un poulet pour la Wallonie ? Le belge n’aime-t-il avoir ces animaux à son menu (avec des frites, évidemment)”.
Verder is er nog een project 6 in de keuken (lichte pannekoek à la Westmalle met sirop de Liège) of project 3 een gratis kanaal “ pour une TV parlementaire” waar alle debatten van alle parlementaire vergaderingen zowel nationaal als regionaal worden uitgezonden (Villa politica over heel het land). Of interesse voor project 97 “un dimanche sans français ni néerlandais (comme les journées sans voiture)” of project 2 (“un cuistax belge”).Waarom het land niet herinrichten op basis van 5 provincies met het tweetalige Brabant, Antwerpen (met Limburg), Vlaanderen (hoofdstad Gent) , Luik en Henegouwen. Een federalisme met 5! Gedaan met de gemeenschappen en de gewesten!
Moet ik nu lachen of huilen als ik deze “creatieve” projecten doorneem ? Een Franstalige auteur, Grégoire Polet, verwoordt mijn gevoelens treffend als hij in zijn project 3 in Le Soir stelt: « On peut se désaimer, se désunir pour deux raisons: parce qu’on se connaît trop ou parce qu’on ne se connaît plus. C’est cette ignorance mutuelle qui entache le reste. »
De splitsing der geesten gaat verder . Elke dag opent Le Soir met een Vlaams-vijandige verklaring. Het doet denken aan de FDF-krant van de jaren zestig en zeventig . Bijna oorlogstaal. Vorige week werden we omwille van de Wooncode in Zaventem vergeleken met de Serviërs en de Albanesen van Kosovo. Zij wanen zich moreel superieur en open van geest. Wij zijn bekrompen, niet-democratisch, racistisch en egoïstisch. De reeks deze week in Le Soir poogt de Vlaamse politici en Vlaanderen eens te meer te ridiculiseren. Hiermee bewijzen ze dat ze van ons niets meer begrijpen. Het pretentieus toontje waarmee ze hierover schrijven verraadt ook een diepe minachting.
In deze sfeer moet in de komende weken aan het land “un nouveau souffle” worden gegeven.
“Sortir de la crise belge, impossible? Chiche !” Wedden dat het kan !
De toon die Le Soir en met deze krant alle Franstalige media en politici aanslaan is echter het bewijs dat het niet kan of zal lukken.
50 jaar na Vrolijk België is het Triestig België geworden. We rijden op een cuistax zonder ketting. Waarom dit niet openlijk toegeven en de illusie creëren dat het op 15 of 21 juli nog allemaal in orde komt? “ Il n’y a plus de projet collectif”. Octopus zal daar niets meer kunnen aan veranderen. De lectuur van Le Soir dit weekend sterkt mij in deze overtuiging. Er ligt een Staat te sterven…